© Maison Jean Cocteau
La Maison
« À Milly, j’ai trouvé la chose la plus rare au monde : un cadre. »
En 1946, alors que le tournage du film La Belle et la Bête s’achève, Jean Cocteau aspire à quitter Paris et à trouver un refuge à la campagne. Jean Cocteau et Jean Marais visitent les lieux et, séduits par la propriété, l’acquièrent.
Anciennes dépendances du château de la Bonde, édifié à partir du XIIIᵉ siècle, la Maison est une belle demeure du XVIIᵉ siècle bâtie en pierre de pays et entourée d’un jardin traversé par des canaux. Elle est la partie sud d’un vaste corps de bâtiment qui formait l’entrée du château depuis la ville. La façade soignée sur la rue du Lau est composée de deux portes voûtées encadrées par deux tourelles en encorbellement, en brique et pierre.
1947-1963 : Jean Cocteau
« C’est la maison qui m’attendait… Elle me donne l’exemple de l’absurde entêtement des végétaux… L’eau des douves et le soleil peignent sur les parois de ma chambre leurs faux marbres mobiles. »
En 1947, Jean Cocteau s’installe dans la maison de Milly-la-Forêt, tout en gardant son appartement parisien du Palais-Royal. Avec la complicité de son amie Madeleine Castaing, décoratrice, il aménage ses pièces de vie. Ainsi, le décor du salon au rez-de-chaussée dévoile un univers éclectique et poétique, à la fois intime et largement ouvert sur l’extérieur. À l’étage, l’antichambre entièrement tapissée en imprimé léopard, et la chambre, laissent apercevoir les murs épais et les tours du château voisin, comme un clin d’œil à l’univers féerique de La Belle et la Bête. Pendant les seize dernières années de sa vie, jusqu’à sa mort en 1963, Jean Cocteau y vit, y travaille, y reçoit ses amis, et participe activement à la vie du village.
© Maison Jean Cocteau
© Laurence Godart
© Maison Jean Cocteau
© Laurence Godart
1963-2002 : Édouard Dermit et ses enfants
Édouard Dermit (1925-1995) rencontre Jean Cocteau en 1947 dans une exposition parisienne et travaille à son service à Milly, comme jardinier et chauffeur. À ses côtés, il devient comédien, peintre et tient une place très singulière auprès du poète. Considéré comme son fils adoptif, il hérite de la Maison à la mort de Jean Cocteau, et conserve soigneusement les pièces de vie garnies des meubles et des objets, préservant ainsi l’univers du poète. Il meurt en 1995. Ses deux fils héritent de la Maison avec l’obligation de garder intact l’héritage de Jean Cocteau.
2002-2019 : Pierre Bergé et l’association Maison Jean Cocteau
Soucieuse de la préservation de cet exceptionnel patrimoine, et à l’initiative de Pierre Bergé, l’association acquiert la maison en 2002. Mécène, admirateur de Jean Cocteau, Pierre Bergé entreprend, avec le soutien des collectivités territoriales, de lourds travaux de restauration de la maison, menés de 2005 à 2010 afin de l’ouvrir au public. La Maison est labellisée Maison des Illustres, mettant ainsi l’univers singulier créé par Jean Cocteau à la disposition de tous.
Depuis 2019 : la Région Île-de-France
À la mort de Pierre Bergé en 2017, la Région Île-de-France, sous l’égide de Valérie Pécresse, sa présidente, accepte de reprendre la charge de la Maison, poursuivant ainsi la vocation de ses prédécesseurs d’en faire un lieu de mémoire et de rayonnement de l’œuvre de Jean Cocteau. Elle est à l’initiative de la création du Groupement d’Intérêt Public (GIP) Maison Jean Cocteau en 2019 avec le Département de l’Essonne, la Ville de Milly-la-Forêt, Choose Paris Region (anciennement le Comité régional du tourisme) et le Centre Pompidou, pour gérer l’ouverture au public de la Maison.
© Laurence Godart
© Laurence Godart
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Maison Jean Cocteau
© Maison Jean Cocteau
© Maison Jean Cocteau
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
© Frédéric Beauclair
Objets de curiosité
Amoureux des objets insolites, chineur, Jean Cocteau s’est entouré à Milly de ce qu’il aimait. Les meubles et les objets qui garnissent les pièces sont à l’image du poète et du goût qu’il avait pour le beau. Ainsi, une dent de narval côtoie une armoire de style gothique, et le fauteuil d’André Gide fait face au miroir offert par Coco Chanel. Don de son ami le peintre-décorateur Christian Bérard, un très grand dessin Œdipe et le Sphinx contribue à apporter à l’ensemble une atmosphère de cabinet de curiosités. Une partie des dessins qui étaient conservés dans la Maison ont fait l’objet d’une dation en 2019 et sont entrés dans les collections nationales. Ils sont aujourd’hui conservés au Centre Pompidou.
Les salles d’expositions temporaires
Une partie du premier étage a été transformée en salle d’exposition par Pierre Bergé, afin de permettre aux visiteurs de découvrir chaque année une exposition temporaire. L’espace modulable, dont les murs ont été peints par l’artiste Jackie Hyde et qui est ouvert de chaque côté, est scénographié à chaque exposition, ce qui permet une déambulation pédagogique. Une salle de projection offre la possibilité de terminer la visite par un film ou un documentaire qui met en valeur le Cocteau cinéaste, surréaliste avant l’heure et apprécié de la Nouvelle Vague.
Le second étage abritait la chambre de Jean Marais, dont les meubles ont été emportés après son départ en 1948. Aujourd’hui, la pièce est utilisée en salle d’exposition temporaire.
© Maison Jean Cocteau
Les Samedis Musicaux chez Jean Cocteau, © Maison Jean Cocteau
© Maison Jean Cocteau
Le jardin
Au gré des saisons, le jardin se métamorphose. Jalonné des douves du château de la Bonde, il offre une balade au cœur d’une flore très riche. On peut admirer les glycines, les pivoines et les iris au printemps, la lavande en été, le rosier Jean Cocteau en automne et les hellébores en hiver. La diversité des variétés ravira les plus curieux. Plusieurs espaces dessinent le jardin : devant la maison, un poirier s’élève au milieu d’un carré entouré de fleurs ; derrière, les sculptures chères à Jean Cocteau trônent dans l’ancien jardin potager. Puis au-delà du petit pont se trouvent le verger et ses quatre carrés bordés de pommiers : Reine des Reinettes, Akane et autres Melroses. Au détour de l’un d’eux, on découvre les plantes médicinales (valériane, guimauve, menthe poivrée de Milly…), qui servirent de modèles au poète pour les peintures de la chapelle. Des chiliennes permettent de faire une pause dans un des carrés du verger, et de prolonger l’expérience de la quiétude du lieu.
Prenant exemple sur Jean Cocteau qui accueillait les enfants du village pour jouer dans son jardin, la Maison met à la disposition de tous des jeux de plein air.
© Maison Jean Cocteau
© Maison Jean Cocteau
© Maison Jean Cocteau
La buvette
Café, thé, tisanes, limonades, sirops locaux et sorbets sont proposés, à consommer dans le jardin, face au château de la Bonde encadré par ses douves.
La boutique
La librairie offre un choix de livres s’adressant à tous les âges : romans, théâtre, poèmes de Jean Cocteau, écrits sur le poète ou encore livres pour enfants, il y en a pour tous les goûts ! La boutique propose un grand choix de produits locaux comme du miel, des tisanes, du sirop, des bonbons et des boissons. Ne repartez pas sans y avoir goûté !